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Quoi? Vous dîtes? Qu'est-ce que cette lumière rayonnante là-bas?

Bonne question... Allons voir!

Littérature

Jeudi 21 décembre 2006

Le roman "Souffrances du jeune Werther" écrit par Goethe est totalement typique du romantisme. C'est en fait un des premiers romans appartenant à ce genre - le romantisme ayant débuté dans les vers la fin du 18e siècle notamment en Allemagne, en Angleterre, en Suisse et en France, Goethe a écrit cette oeuvre en 1774.
Le trimophe du "je" y est magnifiquement représenté par le genre épistolier primant tout au long du roman. Même que les seules épîtres présentes sont celles écrites par le fameux Werther en question.
Tel que le titre laisse présager, le roman n'est pas très joyeux... À mesure que le personnage principale s'enfonce dans la douleur, le récit lui-même devient de plus en plus sombre. Logique puisque le récit est constitué des écrits de Werther à son ami Wilhelm et à quelques reprises à Charlotte - l'objet de ses souffrances. En effet, Werther s'est épris d'une passion sans pareil pour Charlotte une jeune femme dont il a fait connaissance alors qu'il se reposait à la campagne. Un seul hic, elle est promise a un autre homme - Albert - qu'elle adore et chéri et tous les deux vont se marier au cours du roman. Ce qui n'empêche pas le triste héros d'aller voir Charlotte chaque jour et de lui témoigner la plus vive affection - quoi que dans les limites du respectable.
À force de déception dans sa vie professionnelle, dans la vie de ceux qui l'entourent et de côtoyer chaque jour l'objet de son ardent désir, il sombre de plus en plus dans la mélancolie voir la folie. Il ne va pas sans dire que même au départ, Werther est extrêmement sensible à ce qui lui entoure et qu'il est excessif et émotif comme pas un.
Ce qui le conduit au suicide romantique, acte populaire et répandue dans les oeuvres romantiques.


Maintenant, la question du jour... Puisque nous n'avons - pour la majeure partie du livre - seulement le point de vue de Werther, il est difficile de concevoir ce que pensent et ressentent réellement les autres personnages... Il convient donc de se poser la question: Charlotte aime-t-elle ou n'aime-t-elle pas Werther?

Mon opinion sur cette épineuse question: Charlotte aime Werther. Il comble son côté émotif, la touche par sa sensibilité. Elle s'attache à lui, peut-être malgré elle:

"D'un autre côté, Werther lui était devenu si cher, et dès le premier instant la sympathie entre eux s'était si bien manifestée, leur longue liaison avait amené tant de choses vécues en commun, qui avaient fait sur son coeur des impressions ineffacables. Elle était accoutumée à partager avec lui tout ce qui dans ses sentiments et dans ses pensées présentait quelque intérêt, et son départ menaçait de lui faire un vide qu'elle ne pourrait remplir."(p.154)

Dans cet extrait, tiré de la partie narrative du roman, nous voyons clairement que Charlotte aime bien Werther. Par contre, elle ne pourrait vivre avec lui et n'est nullement amoureuse:

"Oh! si elle avait pu dans cet instant le changer en un frère, combien elle eût été heureuse!" (p.154)

Ainsi, son amour pour Werther est tel qu'elle ne peut se passer de lui tout en ne pouvant vivre avec lui. Nous voyons ici un beau contraste, caractéristique du romantisme encore une fois!
Qu'en pensez-vous?

Par Jessica
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Jeudi 21 décembre 2006
Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible:

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse
Chaque instant te dévore un morceau du délice
À chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! C'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout de dira: Meurs, vieux lâche! il est trop tard!
Charles Baudelaire in Les Fleurs du Mal

Pour une incroyable et merveilleuse animation de ce poème:
http://perte-de-temps.com/lhorloge.htm
Merci à Serge (alias le Minotaure) pour cette fabuleuse trouvaille!
Par Jessica
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